Octavio Rüest est un artiste en arts imprimés dont la pratique est à la croisée de la sculpture et du dessin. Il intervient aussi dans l’espace public à travers la peinture, l’art mural et le collage. Son travail traite de la condition sociale et environnementale. Il combine des notions d’art relationnel avec ses préoccupations ancrées dans les thématiques de la sociologie et l’anthropologie urbaine.
Son approche implique un art contextuel et participatif au travers duquel il réfléchit des situations spécifiques. Il investit des milieux variés pour y créer des espaces de discussion et d’investigation. En instaurant des moments d’échanges, il nourrit sa compréhension des enjeux qui alimentent ses réflexions. Ses intérêts couvrent divers sujets tels que les relations entre le bâti et le vivant ou l’occupation de l’environnement et de la matière.
À ses yeux, la surexploitation des individus et de la nature génère énormément de souffrance inutile. Ce sont les conséquences des excès et de l’invisibilisation du travail qui s’inscrivent dans une constance à dénaturer les individus et les espaces. Dans ce contexte, il aborde la création comme un acte de transgression nécessaire pour préserver et sublimer le caractère sensible inhérent à toute chose.
L’aspect formel et technique de son approche révèle sa volonté d’illustrer l’impact du travail. C’est par une gestuelle mécanique permettant de réaliser un ouvrage minutieux qu’il constitue des marqueurs visuels. Le mouvement répétitif et imparfait de l’outil traçant ses dessins à la ligne transpose la vulnérabilité de ses sujets pour la rendre visible. Cette technique de dessin au trait, à la manière d’une gravure, évoque la lenteur qui s’impose, selon lui, comme une nécessité face au rythme effréné de la vie contemporaine. Ainsi, ses œuvres représentent un rempart face à la sollicitation constante de notre attention. Elles traduisent son désir de ralentir le temps et d’offrir un espace qui permet la réflexion et l’imagination.
Dans ses œuvres, Octavio Rüest emprunte aux grandes thématiques de la représentation telles que le portrait et le paysage. Ainsi, il met en place des lieux communs dans l’intention d’éveiller l’imaginaire collectif et la mémoire. Ces espaces permettent de créer des points d’ancrage pour de nouvelles idées. L’assemblage d’approches classiques réunies dans une forme contemporaine met en relief la nécessité d’arrimer ses propos dans une temporalité élargie. Il joue de ces codes artistiques pour s’insérer dans un contexte historique et à la fois se projeter dans la fiction spéculative. En créant des parenthèses dans le temps, il imagine des réalités alternatives qui s’imprègnent du présent pour redéfinir les récits collectifs.
Sa pratique aborde la notion de jeu à travers laquelle il souhaite se réapproprier des réalités parfois difficiles à aborder. Il manipule des instants du quotidien pour créer des mises en scènes sous forme de dioramas ou en s’insérant dans l’espace public à échelle humaine. Ainsi, il tente de modifier nos perceptions en déformant les proportions des éléments qu’il présente et met en relation. Il associe des idées éloignées afin d’alimenter les possibles d’un monde en perpétuelle redéfinition.
